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Le Jardin des Sens

La naissance du jardin remonte à plus de 20 ans. Une idée lumineuse pour l’époque, très vite relayée par la mairie, puis par des habitants de Coutières, des bénévoles, qui investissent un espace communal de 7000 m2 laissé vacant.

Le Jardin des Sens est une aventure collective, qui n’a jamais cessé d’évoluer en fonction des bonnes volontés, des jardiniers successifs, des échanges divers.

L’intérêt pédagogique du lieu n’est plus à prouver.

Autour des 5 zones correspondant aux 5 sens, des animations s’y organisent, sur notre thème de prédilection, puis sur tous les sujets qui, de près ou de loin, touchent au jardin : le paysage, la découverte des habitants du jardin, les apprentis jardiniers, les plantes alimentaires sauvages, la mare, le bocage, le climat…

Aux scolaires, s’ajoutent divers publics : les centres de loisirs, les personnes en situation de handicap, les universitaires, les centres sociaux, …

Le Jardin des Sens est un formidable outil pédagogique dont les animateurs s’emparent avec succès. Des centaines de groupes en situation d’animation gravitent régulièrement autour du jardin des sens. Tous publics confondus, ce sont plus de 20000 personnes qui visitent le jardin annuellement.

Pour que l’expérience soit plus enrichissante, nous avons volontairement omis d’étiqueter les plantes, de canaliser les circulations, de baliser les lieux. Le jardin exige une déambulation poétique, souvent renouvelée pour s’offrir aux visiteurs dans toute sa diversité, dans toute sa richesse végétale et animale. D’ailleurs, l’accès du jardin est libre, chacun peut y venir à tout moment, de jour comme de nuit, dans le respect qui lui est dû.

Jardin collectif donc, pédagogique assurément et biologique parfaitement. Y pratiquer l’éducation à l’environnement exigeait de nous l’exemplarité de nos pratiques culturales, sans pesticides et autres désherbants. C’était un préalable.

Le jardin fût d’abord une friche nichée dans le maillage bocager, et c’est là son premier fondement biologique. Entouré de haies aux essences variées, locales, fruit d’une sélection réfléchie de ce qui constituait la friche de départ (qu’est ce que l’on garde, qu’est ce qu’on enlève ?), le jardin des sens est un enfant du pays. Les plantations de végétaux horticoles se sont rajoutées plus tard, laissant la part belle aux espèces sauvages et spontanées.

Vous avez dit biodiversité ? tout est là : les lichens, les mousses, les graminées, les lianes, les épineux, les arbustes, les arbres. La diversité animale est directement proportionnelle à la palette végétale. Les deux mares présentes amplifient la richesse des lieux et peuplent le jardin de tritons, de grenouilles, salamandres, crapauds, couleuvres…et de ballets de libellules !

Et puis c’est un jardin mosaïque, un jardin qui rassemble des ambiances et des matériaux différents, le tout au service de la biodiversité. Ici une prédominance de pierres sous lesquelles les tritons passent l’hiver, où les insectes viennent se chauffer au soleil, là l’herbe est partout présente et profite aux sauterelles, là-bas c’est la forêt avec quelques arbres morts et des arbres têtards, des tas de bois qui sont d’autant de gîtes à hérissons, là-bas encore nous avons laissé un tas de sable, un tas de compost, ici encore de la terre battue, du muret en pierres sèches, autant de micro-écosystèmes… autant d’espèces spécialisées et d’auxiliaires pour le jardinier.

Alors quel jardin pour le 21ème siècle ? Doit-il rester « propre » ? Est-ce que l’esthétisme prime ? Supportera-t-on la taupe qui creuse et le renard qui passe ? Où en est l’humus ? Que fait-on de la connaissance du vivant ?

Ces questions nous amènent maintenant à expérimenter des gestions plus douces, plus « extensives » et qui plus est, plus ludique.

Les enjeux sont énormes : recyclage permanent des déchets verts (compost, BRF, extraits fermentés), qualité biologique des sols (humus, paillage organique, engrais vert), gestion de l’eau (récupération de l’eau, puits, couverture des sols), biodiversité (étagement de la végétation, diversité des écosystèmes, plantes d’ici et d’ailleurs, nichoirs à oiseaux et à insectes, semis plutôt que boutures, espèces botaniques ou anciennes plutôt qu’hybrides…), utilisation des machines et sources d’énergie (fréquences d’utilisation, outillage adapté, éclairage), les niveaux sonores (le bruit une pollution ?), la récupération et la nature des matériaux (bancs en châtaigniers, installation d’œuvres de land’art en matériaux de récupération), connaissance du vivant (insectes auxiliaires, indicateurs biologiques, culture associée), organisation optimum de l’espace (permaculture, gestion différenciée des espaces verts, gradient évolutif du plus horticole au plus sauvage, corridor biologique).

 

Le projet aujourd’hui

On le voit, le jardin est à la confluence de tous les critères qui définissent le développement durable, et le CPIE se doit de répondre, dans les faits et à travers ses interventions, aux interrogations légitimes qui pourraient engager les citoyens vers le jardin éco-responsable.

Pour ce faire tout en conservant l'entrée libre et gratuite à tout moment de cet espace, le CPIE doit travailler au développement d'aménagements et d'outils pédagogiques. L'objectif étant l'appropriation de cet espace appelé « Jardin des sens » par le grand public le visitant en autonomie afin qu'il en comprenne tout son sens d'un point de vue paysager, écologique et en terme de pratiques innovantes, en plus de vivre un moment agréable. Des outils pédagogiques à disposition des visiteurs doivent donc être mis en place afin de suggérer des sujets, de guider vers des questionnements et en trouver les réponses, de trouver des idées de jardinage biologique transférables, etc. palliant l’absence des professionnels et bénévoles du CPIE ne pouvant être présents tous les soirs, fins de semaine et jours fériés (rappel : ce jardin est ouvert du lundi au dimanche, 24h/24 et l'entrée est gratuite).

 

 

 

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